Franchises : la Fin de la Sécu de Papa

05 janvier 2008 à 20:05

Depuis quelques jours, les franchises médicales sont entrées en vigueur. Chacun d’entre nous est donc tenu de payer un demi euro par boîte de médicament, par acte paramédical et 2€ par trajet en ambulance. Le tout dans la limite de 50€ par an.

Se faisant, le gouvernement Sarkozy avoue qu’une fois de plus il a menti aux français. La promesse du candidat était simple : baisser les impôts. Or que sont ces franchises médicales si ce n’est un nouvel impôts de plus qui ne dit pas son nom.

Pire _ ou mieux, selon le point de vue _ cet impôt est un des plus injuste qui soit puisqu’il touche non pas une catégorie socio-économique ou professionelle mais des personnes appartenant à toute ces catégories et sans distinctions entre elles. Ainsi, ce qui détermine si l’on doit ou non s’acquitter de ce nouvel impôt est le fait d’être malade ou non. La démarche est d’autant plus scélérate qu’elle contribue à culpabiliser les malades qui n’en ont vraiment pas besoin et qu’elle ne rapportera que 850 millions d’euros qui ne financeront même pas la Sécurité Sociale mais la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Résultat ? Des malades paieront 50€ par an pour que d’autres puisse espérer un jour être soignés ... cynisme quand tu nous tiens.

Encore une fois, ce sont les plus pauvres qui subiront de plein fouet les effets de la mesure. Et étant donné les statistiques sur l’état de santé des plus pauvres, ce sont eux qui verront disparaître les premier l’Assurance Maladie si chère à nos coeurs.

Créée par ordonnance en 1945 par le Général de Gaule face à des oppositions nombreuses et diverses. Elle fut, 55 années durant un monopole : celui de l’assurance maladie. En 2000, suite à un rappel de la Commission Européenne, ce monopole dut brisé, comme tous les autres. Depuis, on a vu fleurir les dispositifs portant atteinte au principe de socialisation du risque santé.

Ce principe est simple, les actifs et les patrons, payaient par leurs cotisations respectives, les dépenses de santé que les assurés pouvaient avoir à effectuer.

Aujourd’hui, sa remise en cause est générale, d’abord par les milliards d’euros d’exonération de charge patronale qu’accorde le gouvernement chaque année aux patrons. En 2006, ce sont 21 milliards d’euro dont la Sécu a du se priver sans rien en contre partie. 21 milliards ? Oui vous avez bien lu, c’est bien plus que le fameux "trou de la Sécu" dont on nous rebat incessamment les oreilles. Le-dit "trou" n’est donc qu’une construction de l’esprit ; il n’existe pas. Ou plutôt il n’existerai pas si le gouvernement réclamait son du.

Les franchises vont permettre de rapprocher le système français du système américain. Rappelons que le premier projet de franchise comprenait une franchise incompressible et universelle de 100€ ou plus. Pour parler clairement ; chaque français aurait du s’acquitter de 100€ de franchise médicale même s’il n’avait bénéficié d’aucun soin dans l’année concernée. Ce projet aurait irrémédiablement conduit à la remise en cause de l’affiliation obligatoire à la Sécurité Sociale et laissé libre cours aux assurance privée souhaitant assurer ces nouveaux clients potentiels. Mais comme je l’ai dit précédemment, le projet qui est entré en vigueur il y’a quelque jours n’est pas moins pernicieux.

Francaises, Français, grande est la nouvelle ; la fin de la Sécurité Sociale est proche. Il est amusant de constater que grâce à M. Sarkozy et consorts, nous suivons le même chemin que celui des Etats-Unis ... mais à l’envers.

Article publié (légèrement toiletté ;)) dans l'Huma du 10 Janvier.