
Le voyage de N. Sarkozy en Arabie Saoudite et son discours devant le Conseil Consultatif ne manquent pas de phrase savoureuse qu’il est bon de relever pour contre-carrer quelque peu la communication tout azimut e la Présidence.
A mes yeux, Sarkozy constitue un bien curieux mélange.
Cet homme qui, il y’a seulement huit mois, faisait campagne sur le pouvoir d’achat, a prié les Français qui l’écoutent encore, de bien vouloir aller voir ailleurs si il y était.
Par ailleurs, ce petit homme qui voulait être grand, nous abreuve d’un discours plus que déplaisant aux oreilles des mécréants de mon espèce : celui qui consiste à dire que les religions sont un espoir pour l’Humanité à l’exclusion de toute autre forme de spiritualité.
Outre le fait que cela revient à qualifier les agnostiques et les athées d’imbéciles à courte vue cela revient à nier une partie importante de l’esprit de la loi de 1905 : celui qui voulait protéger la liberté de pensée. Cette loi, conquête majeure de la IIIème République, assure la plus grande liberté de culte aux fidèles de toutes les confessions, mais également, par contre-coup, la liberté de n’adhérer à aucune église. On est donc obliger de constater, une fois de plus, le manque de profondeur de la réflexion de M. Sarkozy.
Mais il y’a plus grave ; le discours rempli de bondieuseries et de fausse bonnes intentions que le président est aller servir aux princes Saoudiens tout sourire donne la nausée. Il commençait par une adresse indigne d’un président d’une république laïque : Sarkosy s’est ainsi adressé à la "communauté des croyants" en plus de la "nation saoudienne" et de la "nation arabe", notion plus que discutable qui mériterai que l’on s’y attarde plus avant. Suivait un petit cours de théologie oecuménique appliquée sur le fait que le Dieu unique que vénère les trois religions du Livre (Christianisme, Islam et Judaïsme) sont en fait un seul et même Dieu. Ensuite, le chanoine Sarkozy a fait la liste de quatre attributs, selon lui, divins qui, au vu du contexte auraient pu faire sourire les Saoudiens s’ils en avaient eu la simple liberté.
Ainsi, Dieu, qui n’en demandait sans doute pas tant, se retrouve "dans le coeur et dans la pensée de chaque homme", "n’asservit pas mais libère" "est un rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes" et délivre "un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect". Le premier point, comme précisé plus avant est plus que discutable. Le second est un pied de nez monumental aux Saoudiens qui vivent sous l’oppression de la dynastie dont les principes furent fondés dans les année 1740 par un chef tribal ; Mohammed ibn Saoud et le fondateur d’un courant religieux aujourd’hui connu de sinistre mémoire ; Mohamed ibn Abd al-Wahhab. Le troisième, qui prête à sourire vu de chez nous, est à pleurer pour les Saoudiens qui voient l’argent du pétrole couler toujours dans les mêmes poches et les coups de fouet _ et pas seulement cela _ toujours sur les mêmes dos. Enfin, le quatrième point est peut-être acceptable chez nous, mais rappelons que le Wahhabisme est tout sauf un islam tolérant. Et avec cela ? Une reconnaissance de la morale religieuse comme source, au moins historique, de toute morale ce que les saoudiens ne manqueront pas d’apprécier à sa juste valeur. Et une citation des "sages paroles" du monarque saoudien évoquant les valeurs portées par la religion telles la famille, l’intégrité morale, la solidarité etc ... qu’il est, on le sait, le dernier des derniers à faire respecter dans son pays et à mettre oeuvre pour lui-même et sa famille.
Enfin, arrêtons là cet inventaire interminable et poursuivons sur ce que l’on peut en tirer. Sarkozy a, une fois de plus, fait la preuve du peu de cas qu’il accorde aux gens du peuple, à leurs libertés, à leur conditions de vie, et à l’incurie de leur dirigeants. Logique quand on connaît le niveau de réussite de sa présidence. Mais alors, le pouvoir d’achat ? Remettez-vous en à Dieu semble-t-il nous suggérer.
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