Commentaires sur la forme de l’intervention du président.Les voeux de fin d’année, exercice télévisuel si classique qu’il n’en est même plus réellement un. Cette année, notre nouveau président, l’homme de la rupture, avait décidé de rompre avec la tradition. Il a donc infligé à ceux de nos compatriote qui n’avait pas autre chose à faire, une émission "en direct de l’Elysée", comme le précisait si discrètement un encart en haut à gauche de l’écran, d’une lénifiante banalité, au premier abord seulement.
En relisant le texte de son intervention on y relève aisément de véritables pépites, qui après passage au moulinet de la réflexion, ne laisse que peu de doute quant à la véritables nature de l’individu et à ses attentions.
Mais revenons-en au texte : dans ce que j’appellerais des propos liminaires, Nicolas Sarkozy nous indique à qui vont ses pensées en ces jours de fête. Parmi ceux-là on trouve, en général et biensûr, l’ensemble des citoyens Français de Métropole et d’Outre-Mer selon la formule consacrée par l’usage que le nouveau locataire de l’Elysée aura préféré délaisser au profit d’un "Françaises, Français, mes chers compatriotes" moins pompeux. Sont par ailleurs dans les pensées du Président, en particulier, les soldats français en mission à l’étranger, aux personnes seules et à "ceux que la vie a éprouvé".
Le problème c’est que ces catégories sont toutes particulières car, dans la bouche du Président, elles semblent être toutes parfaitement acquises à sa cause. Ainsi, nos soldats qui l’an dernier était en mission pour "la préservation de la paix", le sont aujourd’hui pour "défendre nos valeurs". Il est facile de remarquer, d’une part que l’on ne sait pas, ou plus, très bien de quelles valeurs il s’agit et d’autre part que ce type de discours le rapproche de très près d’un certain président américain. Par ailleurs, le président a une pensée pour une catégorie très particulière de foyers français : ceux qui "préparent les fêtes de fin d’année, en oubliant les soucis de la vie quotidienne". Il est vrai que les français qui oublient "les soucis de la vie quotidienne" en les noyant dans le mousseux de la supérette du coin ont moins de chance de se compte que Sarkozy ne ressemble décidément pas au gros bonhomme adipeux tout habillé de rouge qui peuple les contes pour enfant. Puis il y’a cette phrase déprimante au possible à l’adresse des personnes seules qui leur annonce (sic) "une soirée de solitude semblable à toutes les autres". Le sourire en coin qui lui succède quelques dixièmes de seconde plus tard en dit long sur la sincérité du propos.
Enfin, il y’a cette catégorie de citoyens "que la vie à éprouvé". Etant donné les mesures prises et annoncées en matière de retraites, le Président a du se rendre compte que cette catégorie avait de beaux jours devant elle. En fait, tous les citoyens auxquels ils pensent sont ceux-là même qui subissent et subiront les attaques incessantes de la "droite décomplexée" (i.e. la droite people et mauvais goût) contre tous les acquis sociaux obtenus de haute lutte par nos parents et nos grand-parents.
Pour conclure, parlons un peu du message, du voeu, qu’il nous adresse : celui de "l’espérance". Il est vrai que depuis sa visite au Vatican, on sait de quoi il retourne. Nous sommes donc invités à nous écouter religieusement les voeux du président, en oubliant les soucis de la vie quotidienne et en espérant un hypothétique salut. Grande est donc la nouvelle : nous voici reparti comme en 40 ... 1740.
0 commentaires