Sarkozy : casse toi, pauvre con !

27 février 2008 à 13:32

Nicolas Sarkozy, en déplacement au Salon de l’Agriculture, s’est quelque peu laissé aller.

Il aura suffit de quelques mots pour inventer une nouvelle polémique ; "Casse toi, pauvre con". Ainsi répondait le président à un audacieux badaud qui refusait de serrer sa main en des terme non moins grossiers.

La polémique qui s’en est suivi est partie de la diffusion de la vidéo correspondante par le Parisien et a enflée jusqu’à occuper la première place des flash d’informations des chaînes de Radio France. Outre le fait que cela illustre les errances actuelles de nos médias modernes, ces quatre mots mettent évidence le manque de sagacité et de sang froid du président.

Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et tombeur de la peine capitale, remarquait ce soir que le président Mitterrand, qu’il avait bien connu en son temps, ne se serait probablement jamais laissé aller à de tels propos. La question que pose une telle remarque est alors : quelle différence existe-t-il entre les deux hommes ?

La réponse qui me vient à l’esprit tient en un seul mot : la culture. Mitterrand, durant les quatorze années de ses deux mandats, a fait preuve, à chaque instant, d’une finesse d’analyse remarquable et d’une qualité d’expression, écrite comme orale, qu’il était difficile de ne pas remarquer. Outre la très grande maîtrise de la langue, cela témoignait de l’immense culture d’un homme qui n’était pas seulement un politique mais également un écrivain. Par ailleurs, le style de présidence qu’il a assuré contraste très nettement avec celui de la présidence actuelle ; la seule forme d’ostentation que s’autorisait Mitterrand était celle qu’impliquait sa fonction et le protocole attenant.

La Vème République, créée "à son image" par le Général de Gaule, fait du président un représentant unique de la Nation toute entière. Bien sûr, le Parlement est l’expression de la volonté populaire mais le Président occupe un statut particulier puisqu’au delà des partis, il représente la France dans son ensemble. La magistrature suprême est donc, en France, une fonction à la fois exécutive et symbolique. Exécutive car les pouvoir du président sont bien réels _ il n’inaugure pas seulement les chrysanthèmes _ et symbolique parce que ce président peut, par ricochet, être assimilé à la Nation tout entière puisqu’il exerce ses pouvoir en son nom.

Ainsi, ces quatre mots, prononcés dans un moment d’égarements, peuvent être ressentis comme étant adressés non pas seulement par le président lui-même mais par la Nation qu’il représente. Le candidat Sarkozy avait promis de se retirer de la vie publique s’il était élu pour "habiter la fonction" présidentielle. Outre le fait qu’il s’agissait là de sa première promesse non tenue, force est de constater que le candidat devenu président n’a que très peu conscience de la solennité, du sérieux et surtout de la réserve qu’implique cette fonction.

La chute vertigineuse dans les sondages du président n’a rien d’étonnant ; les Français ont peu apprécié de voir ainsi ridiculiser leurs institutions. Enfin, il ne s’agit pas la de la cause principale qui est le désaveu des réformes, aussi bien sur le fond que dans la forme, qu’a entrepris le gouvernement. Et la cote de popularité de François Fillon que les sondeurs s’étonnent de voir si élevée n’est pas significative car le Premier Ministre n’est rien de plus qu’un sous-fifre baragouinant inepties et sottises sans grand intérêt en ces temps d’hyperprésidence.

Le peuple français, le 6 mai 2007, a donc élu un homme dont le vocabulaire politique se limite a moins de 1000 mots, dont le manque de sang froid le fait insulter ses plus proches collaborateur (Cf. le 60 minutes de CBS qui lui est consacré), dont le manque de répartie le fait s’abaisser au niveau d’un simple provocateur et dont le manque de retenue le fait passer pour un guignol auprès de tous nos partenaires. La fonction présidentielle, et c’est le moins que l’on puisse dire, n’en sort pas grandie.

Brèves : exercice de style & humeur

à 13:22
La brève est un exercice difficile, votre serviteur a profité de ses vacances pour s'y essayer ;) En voici deux : 

Plan Banlieues : 1000 policiers, 150 journalistes

Voilà ce que l’on peut appeler des "moyens conséquents". Aux dernières nouvelles, 4 personnes ont été mise en examens et 3 ont été écrouées. MAM peut dire ce qu’elle veut, mais 250 policiers par arrestations c’est un peu ... disproportionné. 
Quant aux journalistes, accourut là grâce à des fuites organisées sans aucun doute par le ministère lui-même ; avec une moyenne de 37.5 journalistes par arrestations vous tenez votre record pour 2008.

Russie vs Kosovo, le plus mafieux des deux n'est pas celui qu'on croit

Vladimir Ovtchinski, ancien directeur d’Interpol en Russie, fait du Kosovo un état mafieux dans les colonnes d’Ogoniok, hebdomadaire d’information russe.

L’ancien directeur d’Interpol en Russie l’affirme sans ambages : le Kosovo est un état mafieux au coeur de l’Europe.
J’ai du mal à croire que la Russie, dont le président désigné et bientôt élu bien gentiment par le peuple unanime même en Tchétchénie, ait des leçons à donner à qui que ce soit en matière de mafia.
Ah ! Mais j’oubliais : la mafia au pouvoir en Russie ne vend, apparemment, rien d’autre que du gaz et du pétrole et ne fait assassiner que des journalistes mal-pensants contrairement à sa contre partie kosovare qui, chacun le sait, est dotées de moyens autrement supérieurs à ceux des russes ...
L’assertion de Vladimir Ovtchinski, bien qu’accompagné d’un argumentaire plus qu’honorable, manque donc d’une seule chose : la crédibilité.

Rétention de sûreté : Constitution Danger !

à 13:16

Après la saisine des députés du PS, le Conseil Constitutionnel a rejeté le principe de la rétro-activité de la loi défendue par Rachida Dati. Contrairement à tous les usages, le Président a alors fait appel au premier président de la Cour de Cassation, première juridiction judiciaire française.

Les Sages se sont conformés à un des grands principe du droit français : la non rétro-activité des lois pénales. Malgré les ferventes imprécations de la Garde des Sceaux, le Conseil Constitutionnel a donc censuré une partie des dispositions prévue par cette loi.

Cette décision est des plus logique, ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est la réaction du président de la République. La voie classique aurait été la saisine du Conseil d’Etat puisqu’il est le conseiller du Gouvernement. La requête qu’a formulé le président envers le premier président de la Cour de Cassation viole un des grands principe de l’Etat de droit : la séparation des pouvoir.

Si le Premier Président adresse tout autre chose au Président de la République qu’une fin de non recevoir, cette violation sera consommée. En effet, la Cour de Cassation est la plus haute juridiction judiciaire _ l’adjectif est important _ française. Elle est amenée à statuer, en dernier recours, au pénal comme au civil, sur des questions de droit et d’application du droit, jamais sur des faits. On voit donc assez mal en quoi cette respectable institution pourrait conseiller le Président de la République en matière législative.

Le Conseil d’Etat, quant à lui, est la plus haute juridiction administrative en France. Il est l’équivalent de la Cour de Cassation en matière administrative. De plus, il est chargé de vérifier la régularité juridique des projets de loi, d’ordonnance ou de décret devant être présentés en Conseil des Ministres.

On le voit, même si, aux termes de la constitution, les décisions du Conseil Constitutionnel s’imposent "aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles", le seul recours, qui n’en est pas un au sens juridique, qu’aurait pu faire le président aurait du être fait devant le Conseil d’Etat.

La requête du Président témoigne au choix, d’une méconnaissance grave de nos institutions ou d’une volonté délibérée de contourner une décision qui, politiquement, passe mal auprès des électeurs naturels de M. Sarkozy. Si de la volonté, le président passait à l’acte, il s’exposerait à la destitution prononcée par le Parlement réuni en Haute Cour, prévu par l’article 68 de la Constitution.

Groland : Michel Sardouille - La Rupture Tranquilou

24 février 2008 à 21:49
Amusez-vous bien ;) Redécouvert à l'occasion du visionage de l'excellentissime DVD : Groland 15 ans d'Age Bête.

Groland : Like A Candle In The Wine

à 03:09
Rappelez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps : la princesse de Galles nous quittais et le Groland en profitait également ;).